Conclusion

La bibliothèque de l’abbaye de Clairvaux en 1472 représente à n’en pas douter un ensemble remarquable et d’une richesse inégalée.

Le catalogue de 1472 fut rédigé à un moment crucial dans son histoire. La fin du Moyen Age a vu se développer les bibliothèques liées à l’Université et, également, se constituer un marché du livre manuscrit, avec des grands libraires employant copistes et enlumineurs ; les bibliothèques de monastères, si importantes au XIIe siècle, se sont progressivement sclérosées et ont dépéri. La bibliothèque de Clairvaux, elle, a évité cet écueil grâce à ses liens avec le monde universitaire et les débuts de l’Humanisme.

L’apparition de l’imprimerie augmenta prodigieusement la production de livres et permit à des collections très importantes de se constituer en peu d’années.

Si le catalogue de 1472 ne cite aucun livre imprimé, ceux-ci sont entrés dans la bibliothèque au moment où est rédigé le répertoire de Mathurin Cangey en 1520. Celui-ci signale 2550 volumes (manuscrits et imprimés) – et il ne couvre pas la totalité des collections. Il montre surtout que la bibliothèque a passé le cap de la nouvelle technologie.

On peut admirer cette capacité à évoluer ; n’oublions pas enfin que le noyau de la collection – les manuscrits copiés au scriptorium de l’abbaye au XIIe siècle - témoigne directement de l’importance qu’eurent la pensée et l’action de saint Bernard.