Une bibliothèque exemplaire, reflet du développement du monachisme et des premiers temps de l’Université

Les textes qui furent rassemblés dans la bibliothèque de Clairvaux sont le reflet de l’évolution des savoirs tout au long du Moyen Âge. Ils illustrent le rôle que jouèrent les grands monastères dans la transmission des textes de l’Antiquité gréco-latine et dans la spiritualité et la pensée religieuse. Les textes rassemblés à Clairvaux font revivre la quête et les débats intenses qui animèrent la vie intellectuelle du début du XIIe au milieu du XIVe siècle.
La bibliothèque de Clairvaux fut d’abord conçue pour accompagner le cheminement spirituel des moines. Les abbés s’évertuèrent à rassembler les textes patristiques et exégétiques. Clairvaux fut ainsi un centre monastique exemplaire qui servit de modèle aux autres établissements cisterciens ; il influença et renouvela profondément le monachisme médiéval. La bibliothèque, qui comptait déjà à la fin du XIIe siècle 350 volumes, fut l’un des instruments les plus importants du rayonnement de l’abbaye.

Dans la première moitié du XIIIe siècle, Clairvaux éprouva un fort intérêt pour les débats intellectuels de l’Université. En fondant à Paris le collège Saint-Bernard en 1245, qui fut reconnu comme studium par l’Université en 1256, l’abbé Étienne de Lexington permit à Clairvaux de devenir un membre à part entière de l’Université de Paris. Le collège Saint-Bernard fit bénéficier l’ensemble de l’ordre de Cîteaux des progrès et des innovations intellectuelles de l’Université (le catalogue de Pierre de Virey comprend 144 manuscrits relevant des « libri speculativae theologiae », reflets des études universitaires des années 1230-1330).