Naissance d’une abbaye

L’abbaye de Clairvaux fut fondée en 1115 par Bernard de Fontaines qui la dirigea jusqu’à sa mort le 20 août 1153.

Etienne Harding, abbé de Cîteaux, a confié à Bernard, alors âgé de vingt cinq ans, la mission de créer une nouvelle abbaye. Bernard partit avec douze moines et s’installa dans le val d’Absinthe sur la rive gauche de l’Aube ; l’abbé Harding a porté son choix sur ce lieu car il appartenait à un cousin de la mère de Bernard.

La « claire vallée » est un vallon isolé parcouru par une rivière ; les Cisterciens recherchaient les fonds de vallée pour des raisons d’ascèse et de travail.

Vingt ans plus tard, pour accueillir des novices de plus en plus nombreux, il fallut édifier de nouveaux bâtiments.

Bien vite, la troisième fille de Cîteaux devint un grand centre monastique de la Chrétienté, dont dépendaient à la fin du Moyen Âge quelques 530 autres abbayes fondées dans toute l’Europe.

Dès la fondation de l’abbaye, le livre est omniprésent car aucune vie monastique n’est possible sans livres. Le minimum requis pour une fondation était de posséder les livres liturgiques ainsi que la Règles de Saint Benoît.

Il est permis de penser que Bernard et ses premiers compagnons apportèrent quelques autres volumes. Dans tous les cas, c’est l’activité du scriptorium de l’abbaye à partir des années 1140 qui fit rapidement de la bibliothèque de Clairvaux un lieu suffisamment riche pour retenir l’attention des lettrés en quête de textes difficiles à trouver.

A la fin du XIIe siècle, la bibliothèque possédait un nombre de volumes se situant dans une fourchette comprise entre 300 et 350. Ce nombre plaçait Clairvaux largement en tête des autres bibliothèques cisterciennes, devant Pontigny (270 volumes), avant même Cîteaux (un peu plus de 200) : ainsi la fille avait dépassé la mère.