Critiques novembre 2011, Médiathèque des Chartreux

Paulo Coelho, Fred Vargas, Morgan Sportès, Emmanuel Carrère,...


 

Maktub / Paulo Coelho

Entre le recueil de philosophie de bas étage et les pensées mystico-religieuses, Maktub peine à convaincre. Coelho semble s’y prendre pour Dieu le père et se perd dans des textes souvent creux et difficilement compréhensible. Alors à moins d’adhérer aux idées qu’il développe, on passera vite son chemin ; dommage, Coelho nous avait habitué à mieux…

 

L’Equation africaine / Yasmina Khadra

Avis partagés pour ce dernier roman de Yasmina Khadra. Si L’Equation africaine possède d’indéniables qualités, son écriture fine et agréable en tête, certains pourront trouver l’histoire parfois trop prévisible et peu crédible alors que d’autres se laisseront happer par un scénario qu’ils trouveront captivant… Reste qu’au final il s’agit d’un roman qui se lit très bien, ce qui n’est déjà pas si mal !

 

L’Armée furieuse / Fred Vargas

Après quelques romans un peu moins captivants, Fred Vargas nous revient avec un vrai bijou, un de ces polars dont elle a le secret. L’humour fin qui caractérise l’auteure côtoie une noirceur parfois très marquée ; chacun des personnages –admirablement décrits- cachent derrière une apparente « normalité » des failles qui les rendent terriblement humains, tout cela au service d’une intrigue rondement menée saupoudrée d’un semblant de fantastique. Un vrai régal !

 

Tout, tout de suite / Morgan Sportès

Morgan Sportès dresse avec Tout, tout de suite une reconstitution méthodique et véritablement passionnante du fait divers dit du « gang des barbares ». Il conserve durant tout son roman/enquête un ton neutre et n’émet à aucun moment de jugement sur les faits, ce qui est plus qu’appréciable. On a au final plus l’impression de lire un livre d’anthropologie qu’une simple enquête sur un fait divers.

Prix Interallié 2011

 

J’attends / Capucine Ruat

Roman sur la maternité et les questions que cela peut soulever, J’attends peut susciter autant un intérêt léger qu’un agacement profond, mais en tout cas certainement pas une grande passion. L’auteure fait certes preuve d’une belle humilité, mais l’abondance de questions qu’elle se pose finit bien vite par lasser…

 

Un cercle de lecteurs autour d’une poêlée de châtaignes / Jean-Pierre Otte

Si le titre du roman n’est pas sans rappeler le Cercle littéraire des éplucheurs de patates, le contenu lui en est bien différent. Jean-Pierre Otte présente dans son ouvrage un cercle de lecteurs érudit –et encore, le mot est bien faible- dont il fait partie et dans lequel chacun des membres –l’auteur/narrateur en tête- est terriblement imbu de lui-même. Ceci, couplé à un nombre effrayant de références littéraires bien trop poussées pour un lecteur lambda et à un style ampoulé finit par véritablement nous assommer.

 

Sévère / Régis Jauffret

Régis Jauffret s’est inspiré d’un fait divers réel pour écrire son roman : on aurait pu espérer que cela donne de l’épaisseur au récit, mais autant casser le suspense d’entrée de jeu, c’est peine perdue. Difficile de cerner d’où vient l’intérêt de ce livre. Le rythme est mou et le personnage principal ne fait que se poser des tas de questions ennuyeuses… Bref, un roman à éviter.

 

Retour à Killybegs / Sorj Chalandon

Voilà bien un roman difficile à appréhender : si Retour à Killybegs s’intéresse à un sujet fort et intéressant –les conflits en Irlande-, il le fait de manière pour le moins déroutante, en multipliant les flashbacks à l’intérieur même d’autres flashbacks. La lecture peut donc par moments sembler laborieuse mais est sauvée par l’écriture soignée de Sorj Chalandon. Avis aux plus motivés donc, qui pourront trouver en ce livre un roman difficile certes, mais passionnant.

 

La Femme au miroir / Eric-Emmanuel Schmitt

Pour : Eric Emmanuel Schmitt nous livre un roman superbe, doté d’une histoire délicate et sensible ainsi que d’une très belle écriture, proche par moments de la poésie…
Contre : La Femme au miroir ? Un roman insipide, incolore et inodore, sans intérêt et dans lequel aucun cliché ne nous est épargné.
A vous de voir maintenant ce que vous en pensez…

 

Limonov / Emmanuel Carrère

A travers une biographie passionnante d’Edouard Limonov, Emmanuel Carrère nous dresse un magnifique portrait de la Russie. On sent que l’auteur a gagné en maturité avec ce livre : son écriture y est véritablement prodigieuse. Le personnage principal du roman est à la fois parfaitement détestable et incroyablement fascinant. Limonov se lit donc avec un intérêt constant mêlé à un écœurement qui ne nous lâche pas de la première à la dernière page.

Prix Renaudot 2011

 

Les Nouveaux cons / Etienne Liebig

Avec un titre pareil, on s’attendait à un livre plutôt léger et drôle. Sauf que ça n’est pas le cas. Difficile de voir où souhaite en venir l’auteur, qui visiblement est le seul à ne pas faire partie des « cons »… Personne n’est épargné, tout le monde en prend (beaucoup) pour son grade. La lecture est donc au final plutôt déprimante, d’autant que rien de positif n’est donné derrière l’avalanche de critiques qui constituent chacune des pages…

 

Le Tueur / Jacamon et Matz

En prenant le parti de suivre non pas les victimes d’un tueur à gage mais le tueur lui-même, les auteurs du Tueur ont su faire preuve d’une originalité peut-être pas renversante mais néanmoins sympathique. Certains pourront reprocher à la série sa moralité plus que légère –le tueur tue avec un détachement incroyable et le fait uniquement pour l’argent- et son manque d’explications quant à ce qui a poussé ce jeune homme à devenir tueur à gage, mais les autres sauront apprécier une intrigue bien menée qui nous fait suivre un personnage atypique. Une série qui ne fera peut-être pas l’unanimité, mais qu’il est intéressant d’essayer malgré tout.

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